Radio Tahrir est née pendant la révolution de 2011 grâce à la détermination de jeunes activistes. Elle fait figure d’exception dans le paysage audiovisuel, véritable voix de la contestation et sert de riposte à la contre-révolution qui s'organise après la chute de Moubarak.

 

Texte d’Hind Meddeb.

 

“Do you know where Tahrir Square is ?”

Avant même de découvrir les pyramides et le souk, les touristes veulent désormais voir la place où les Egyptiens ont fait leur révolution. "Midane Tahrir" (place de la libération), symbole du soulèvement égyptien, a donné son nom à une nouvelle radio.

 

Son fondateur, Wael Omar Sayedalah nous donne rendez-vous sur le pont de Kasr El Nil. « C’est ici qu’a eu lieu la bataille du vendredi 28 janvier sans laquelle la révolution de Tahrir n'aurait pas eu lieu. Ce jour-là, les autorités ont coupé le téléphone et internet. Cela ne nous a pas empêché de descendre par millions dans la rue. La police avait bloqué ce pont qui relie la place aux autres quartiers du Caire. Après de violents affrontements, les manifestants ont forcé le passage et c'est là qu'ils ont pris la place Tahrir», nous raconte-t-il alors que nous montons dans sa voiture. Ce que nous apprendrons plus tard, c’est que ce jour-là, Wael est lui aussi sur le pont. Après plusieurs heures d’affrontements, il est blessé par des tirs : cinq balles en caoutchouc l’atteignent au bras, dans le dos et à la jambe. Il perd l’équilibre et n’arrive plus à avancer. Les manifestants le mettent à l’abri, de l’autre côté du pont. Un homme le porte jusqu’à ce qu’une voiture s’arrête. Par chance, le conducteur est médecin. « Il ne faut pas prendre les ambulances, elles sont de mèche avec la police», dit-il. L’homme le conduit jusqu’à l’hôpital le plus proche. Wael en témoigne aujourd’hui ému : « Ce sont les manifestants de Tahrir qui m’ont sauvé la vie. »

 

A l’âge de vingt ans, Wael quitte l’Egypte pour les Etats-Unis où il étudie le cinéma dans de prestigieuses universités. Après dix ans d’absence, il rentre au Caire et se lance dans la production audiovisuelle. Aujourd’hui, Wael est en tournage. « Nous devons shooter quelques scènes aux alentours des pyramides de Saqqara et de Dahchour. » Benjamin Loyseau, le photographe qui m'accompagne, est enthousiaste à l'idée de prendre la route des pyramides. Dans la voiture, la discussion continue : « Une semaine après la chute de Moubarak, nous étions tous mobilisés. Nous allions d’un meeting politique à l’autre avec le sentiment d’être inutile. L'énergie tournait à vide, nous n’arriverions à rien. Je voulais que l’on ait un espace où tous ces débats politiques trouvent un écho et c’est là qu’est venue l’idée de créer une radio.» Tout se fait dans l’urgence. Wael mobilise une équipe hétéroclite. Omar Soudodi, ancien financier et spécialiste du e-business est l’un des premiers à le suivre. Rasha el Gammal ancienne présentatrice star d’un talk show politique et social sur la chaîne de télévision privée Ootv tient avec grâce le rôle de l’intervieweuse. Wael contacte aussi son ami d’enfance Mohammed Ghorab, producteur de musique et infatigable dénicheur de talents. L’acteur égyptien Amr Waked – on l’a vu aux côtés de Georges Clooney et Matt Damon dans le film Syriana et il est à l’affiche du prochain Spielberg – héberge la radio dans les bureaux de sa maison de production. Quel est le point commun de ces personnalités réunies autour de Radio Tahrir ? Ils n’ont jamais fait de radio, exercent tous un autre métier en parallèle et font partie d’une jeunesse privilégiée qui a étudié à l’étranger. Sans organigramme, ni hiérarchie, la répartition des tâches se fait naturellement et malgré le chaos apparent, tout finit toujours par être réalisé jusqu'à la diffusion. 

 

Pour le moment, Radio Tahrir s’écoute sur le net. Afin d'émettre sur les ondes FM, il faut un permis délivré par les services secrets militaires. Un sésame extrêmement difficile à obtenir. Pendant les semaines qui ont suivi la révolution, un vent de liberté a soufflé sur les médias égyptiens. Mais l’étau s’est vite resserré. La dernière instruction en date stipule une interdiction formelle de critiquer l’armée. Alors que sur Nile tv ou dans le journal El Ahram, la censure règne, Radio Tahrir fait figure d’exception dans le paysage audiovisuel. Pour riposter à la contre-révolution qui s'organise, cette voix de la contestation et de la dénonciation compte.

 

La radio émet en streaming à partir d’un serveur installé dans les bureaux de Wael Omar. La diffusion sur le net permet une plus grande liberté de parole. Radio Tahrir est une tribune ouverte aux libéraux et aux laïques. Son esprit n’est ni celui des chaînes satellitaires arabes dont l’idéologie est au final islamiste, ni celui des médias étatiques qui restent conservateurs et au service de l’armée. Lorsque nous demandons à Wael, si Radio Tahrir invitent les Frères musulmans ou les Salafistes dans leurs débats, il répond sans hésiter : « Dans le paysage audiovisuel arabe, vous avez d’un côté les chaînes musicales où se trémoussent des bimbos libanaises et de l’autre, 90% de chaînes religieuses. Pourquoi est-ce que l’on donnerait une tribune de plus aux islamistes ? Ils en ont déjà assez ! Quant aux plus extrémistes, ils refuseraient probablement de venir, étant donné que la plupart de nos présentatrices sont des femmes et qu’elles ne sont pas voilées. »

 

Wael nous propose d’aller boire un verre avec son associé Omar Soudodi. Le rendez-vous est à la Bodega, un des bars branchés où se retrouve la jeunesse dorée du Caire. Pour y arriver, on pénètre dans le hall d’un immeuble art déco et on monte au premier étage comme on irait chez des amis. Le visiteur circule entre les différents salons privatifs dans ce vaste appartement qui a gardé son charme de jadis : le carrelage ancien et le mobilier 1930 contribuent à susciter une atmosphère de vieux bar cubain. Omar Soudodi est installé au bar avec Ronaldo Mouchawar, le patron du site pour lequel il travaille : fondé en 2005 à Dubai, elsouq.com adapte le principe de ebay au monde arabe. Omar a développé le site en Egypte, en deux ans, il a fait de souq.com, le premier site de e-commerce du pays – selon le magazine Business Monthly. Le jeune entrepreneur a vécu à Dubaï, en Grèce et aux Etats-Unis où il travaillé dans de grandes banques américaines. Il nous raconte les débuts de Radio Tahrir : « Au début de la révolution, nous avions pensé créer un site internet qui réunirait toutes les informations possibles sur ce que nous sommes en train de vivre. Nous avons même acheté le nom « egypedia » dans l’idée de créer un wikipédia pour l’Egypte. Mais nous avons très vite compris que c’était un énorme chantier que nous n’avions pas les moyens de mener. Aussi, l’idée d’une radio s’est-elle imposée. L’immédiate efficacité de ce média nous a semblé évidente. Il y avait une urgence. Il fallait se faire l’écho de toutes les voix qui se sont exprimées place Tahrir. »

 

A l’heure où le digital impose son hégémonie, Radio Tahrir décide de s’articuler avec Facebook et Twitter. Omar a créé la page Facebook à partir de laquelle on peut écouter la radio en direct. En se connectant, votre statut Facebook annonce instantanément à vos amis votre nouvelle activité : Monsieur ou Madame X est en train d’écouter Radio Tahrir. La plateforme numérique imaginé par Omar propose aussi aux auditeurs d'uploader un enregistrement de cinq minutes où ils racontent le récit de leur révolution. Cette rubrique, intitulée « Revolution diaries » (journaux intimes de la révolution) est ensuite mise à la disposition des auditeurs sur le site.

 

Le lendemain, Wael nous invite à assister aux enregistrements. En studio, on découvre l'invité du jour au micro de Rasha el Gammal : Sabry Arab Ismail est policier, il assure la sécurité au pied d'un immeuble à Maadi, l'un des quartiers les plus chics du Caire avec ses grandes avenues arborées et ses belles villas. Une fois ses 24h de service terminé, il fait deux heures de trajet pour rentrer chez lui dans le bidonville d’Al Galyoubia. Chaque jour, il passe d’un monde à l’autre, voyage physique et mental, du quartier fleuri des ambassades où vivent les plus riches aux districts populaires où personne ne vient ramasser les poubelles. Sabry aime chanter. Il a une belle voix. Il fait les cent pas devant sa guérite, s’adosse contre un arbre et fredonne les mélodies qu’il aime. Tous les jours, il croise les habitants des immeubles alentours. Ici tout le monde le connaît et le salue. C’est ici que vit l’un des membres du groupe Digla qui mêle rock, jazz et musique orientale. Lorsqu’il l'entend chanter, il s’arrête pour discuter. Une amitié naît. Sabry a composé plusieurs chansons. Le groupe lui propose de les mettre en musique. De cette collaboration improbable entre des musiciens issus de la jeunesse dorée et ce jeune officier de police naît une chanson qui prendra tout son sens au moment de la révolution. Mise en ligne sur le net en 2010, « Tamam Effendim » (A vos ordres Monseigneur) est reprise l'année suivante par les manifestants de la place Tahrir.

 

Rasha lui propose de chanter a capella. En studio, toute l’équipe de Radio Tahrir se presse derrière l’ingénieur du son pour l’écouter : "Pourquoi les gens dignes sont-ils humiliés ? La trahison est la règle. Ça suffit ainsi. Ici j’écris le mot fin."

 

Diffusée sur toutes les radios égyptiennes, la chanson a été visionnée des centaines de milliers de fois sur youtube. Mais la première interview de Sabry passe aux ondes sur Radio Tahrir.  « Qu’est-ce qui a changé depuis la révolution ? » lui demande Rasha.

« On nous a doublé notre salaire. Avant, je ne gagnais que 300 livres par mois (50 euros). »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mohammed Ghorab a réuni une vingtaine d’heures de musique.  « Une telle programmation n’a rien à voir avec la soupe commerciale que l'on nous sert sur la plupart des radios égyptiennes. » Sur Radio Tahrir, exit les bimbos locales – ces corps de sirènes aux voix inexistantes qui se trémoussent en chantant les mêmes mélodies sirupeuses.

 

Vendredi matin, nous avons rendez-vous avec la présentatrice Rasha El Gammal dans sa boutique « Asfour el Nil » (le passereau du Nil), un bazar raffiné où se superpose les couleurs et les styles dans un désordre étudié. Des chapeaux en feutre se mêlent aux meubles design ; des vêtements traditionnels sont détourné de leurs coupes d’origine ; des bijoux de création traînent sur des pièces de vaisselle extravagante ; la maîtresse des lieux arrive dans une tenue théâtrale : d'une tenture artisanale ouzbek, elle a cousu une robe aux motifs étincelants. 

 

Rasha a toujours été une dissidente, même au sein de sa propre famille. Le 4 mai 2007, sa cousine Khadija épouse Gamal Moubarak, le fils du président déchu. A l’époque, elle essaye de la dissuader, en vain. Rasha appartient à cette catégorie d'Egyptiens privilégiés qui n’ont jamais accepté la corruption  et qui ont tout de suite rallié la révolution.

 

Notre conversation est interrompue par l’appel avisé de mon ami Salem Masala : « Venez vite à Tahrir, je n'ai jamais vu autant de monde depuis la chute de Moubarak. Les Egyptiens se mobilisent pour sauver leur révolution du naufrage! Essayez d’arriver avant le début de la prière. Sinon l'accès sera difficile ! »

 

Malgré ses hésitations - Rasha est la maman de deux petits garçons et sa famille l’attend pour l’équivalent de notre déjeuner dominical - nous l'entraînons avec nous dans un taxi. « Si je savais que nous allions à Tahrir, je ne me serai pas habillée comme ça ! » A l’arrivée, elle est submergée par l’émotion. Les larmes aux yeux, les images de la révolution lui reviennent. « Tous ces gens sont là pour dire : nous sommes là et nous ne lâcherons rien. » Au milieu des femmes voilées de noir, la robe brodée rouge et jaune de Rasha se détache.

 

La prière se termine.  « Un procès pour Moubarak ! », « Lost, fin de la saison 1 ». Les fidèles, rejoints par les laïcs, demandent à ce que les corrompus soient jugés.  « L’armée est en train de nous voler la révolution ! » Des officiers en rupture avec leur hiérarchie bravent l’interdiction de manifester. Ils sont accueillis en sauveurs et traversent la place portés par la foule, glissant comme sur une vague jusqu’à la tribune.

 

Pour se répérer au milieu d'une foule compacte, Wael nous donne rendez-vous devant Hardees, la chaîne de fastfood locale. Il nous explique pourquoi les Egyptiens sont venus en masse pour protester : « C’était un système dont beaucoup profitent encore. Les hauts gradés de l’armée, les hommes d’affaires choyés par le régime. Ces privilégiés ne sont pas prêts à renoncer à leurs avantages. Aujourd’hui, il y a un conflit de génération au sein de l’armée mais aussi dans le secteur privé. Les jeunes entrepreneurs veulent que l’on arrête de piller le pays et qu’on le laisse se développer à la loyale. »

 

Le père de Wael a fait les guerres de 1967 et de 1973 en tant qu’officier. Il était profondément anti-nassérien tout en demeurant fervent défenseur du panarabisme. Ce qui l'insupportait, c’était l’idéologie du parti unique. « Je me souviens que dans les familles de mes amis, les parents évitaient de parler politique, chez moi c’était le contraire ! » nous dit Wael. En 2005, son père  participe à la création du parti d'opposition,  « El Ghad » (Demain). Aujourd’hui il aimerait que son fils prenne la relève. Wael estime que la création d'une radio est déjà un bon début. « Si l'on arrive à fidéliser 10 000 auditeurs, nous constituerons une force politique capable d'agir et d'influer sur le cours des choses ; alors les partis politiques viendront négocier avec nous, car ils sauront que nous représentons un courant d'opinion qui compte. »

 

Nora Labib, l’une des présentatrices de Radio Tahri nous rejoint. Elle est en colère : « Je viens de me prendre une main au cul et quelques réflexions obscènes, de tels incidents ne seraient jamais advenus pendant la révolution ! » Avec son décolleté plongeant et son jeans moulant, Nora détonne. Wael l’a choisi pour son côté provocateur. A l’antenne, elle présente un programme décapant, une discussion à bâtons rompus avec l’humoriste Moataz Attalah. Le principe de l’émission consiste à ne rien censurer, à se confronter aux tabous qui sont nombreux, car ici tout se fait mais rien ne se dit, c’est la devise sociale du pays. Nora a été voilée. Quand on la voit aujourd’hui, narguant les barbus et les conservateurs avec sa belle énergie et sa liberté de ton, on ne l’imagine pas portant le hijab. « A 17 ans, j’ai décidé de me voiler. I was too hot ! C’était une manière de me protéger et de canaliser cette énergie et ce corps qui me dépassaient ! ça a duré trois ans. Le jour où je me suis sentie capable d'affronter ceux qui voudraient me brimer ou me provoquer, j'ai décidé d'enlever le voile. » A 26 ans, elle est encore célibataire : « J'effraie les hommes égyptiens. Pas un ne me tient tête ! »

 

L’équipe de Radio Tahrir est presque au complet, elle participe à la folie du moment, elle se mêle  à la foule, à l'ombre des banderoles et des drapeaux, au cœur de la place. Benjamin Loyseau, le photographe, n'arrête pas d'actionner son appareil. De mille clichés, il immortalise l'instant. L’image appelle l'image ; elle déroule le fil ininterrompu de la mémoire : là, devant nos yeux, s'anime le tableau d’Eugène Delacroix : « La liberté guidant le peuple », symbole de la révolution de 1830 renaît pour symboliser la révolution du 11 février 2011.

 

Au moment où je termine ce texte, j’apprends sur facebook que Wael a été arrêté. Lors du tournage d’un documentaire qu’il produit, alors que le chef opérateur filmait du toit d’un immeuble aux alentours de l’ambassade américaine, l’équipe est brusquement encerclée par le service de sécurité de l’ambassade et l’armée. Pour les interroger, on les conduit à l’intérieur du compound voisin. Les officiers rattachés à l’ambassade sont vite rejoints par des agents des services secrets militaires et des membres de la police politique, célèbre pour ses exactions et ses actes de torture – cette entité a disparu les premières semaines qui ont suivi la révolution, elle réapparaît depuis peu, sous le label « Sécurité nationale » (« Amn el dawla » est devenue « Amn el watany »). Après un premier interrogatoire, alors que nos amis étaient sur le point d’être relâchés, les militaires reçoivent par téléphone l’ordre de prolonger leur détention. Le ton se durcit, le matériel est réquisitionné, toute l’équipe est embarquée. Après une heure et demi de route, Wael et ses acolytes arrivent à Nasser City dans le bâtiment des services secrets militaires. On leur confisque leurs affaires personnelles et on les sépare. Ils sont enfermés dans une pièce insonorisée qui ressemble à un studio radio. Pendant sept heures d’affilée, ils vont être soumis à un interrogatoire ininterrompu ; toutes les cinq minutes, un nouvel agent se présente et leur repose les mêmes questions : « Etiez-vous à Tahrir pendant la révolution? Quel est le sujet du documentaire ? Etes-vous hostiles à l’armée ? Militez-vous politiquement ? ». A minuit, Wael et son équipe sont relâchés. Mais ce harcèlement révèle que les méthodes de l’ancien régime perdurent. L’Etat policier et son système d’intimidation est toujours à l’oeuvre. Trois mois après la révolution, Wael sait que tout reste à faire. De la chute de la dictature à l’avènement de la démocratie, le chemin sera long et pénible. Le combat continue et la vigilance ne baissera pas.

 

Le lendemain, nous retrouvons Mohammed Ghorab, le programmateur musical de la radio dans son studio à Maadi, à deux pâtés de maison de la guérite de Sabry. Fondateur du label Hybrid Records, Ghorab sillonne l’Egypte à la recherche de ses trésors musicaux. Il a entrepris un travail de conservation du patrimoine musical en enregistrant les chanteurs et interprètes traditionnels, du Fayoum à Assouan en passant par le Sinaï et jusque dans le Delta. Ces années d’archivage lui ont permis de constituer une impressionnante audiothèque musicale. A partir de ce stock, il construit la programmation musicale de Radio Tahrir. « Pendant la révolution, la place Tahrir est devenue une scène hospitalière pour les artistes. Tous les jours, on entendait des concerts improvisés. Des inconnus ont enchanté les foules. Leurs vidéos ont été postées sur youtube. » Dans ce contexte, Ghorab a vu éclore une nouvelle scène hip hop : "Nous avons par exemple découvert et soutenu le rappeur Mohamed Deeb en l’invitant à chanter à notre soirée de lancement." www.youtube.com/watch?v=iuMpRv2cako

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